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Séminaire Histoire 2011-2012 : « Recherche et idées reçues »

Tout enseignant d’histoire est fréquemment conduit à réfléchir et à travailler sur la réception du travail des historiens : décalages entre contenu des manuels et recherche, difficulté de diffusion dans le public de savoirs qu’il considère comme clos, confrontation entre histoire et revendications mémorielles ou entre données scientifiquement élaborées et représentations sociales portées, par exemple, par les élèves, le tout  fortement relié à la faible pénétration des travaux universitaires dans l’univers des médias.

 

Cette situation entretient trois tentations fortement imbriquées entre elles : la simplification de l’approche du passé, qui méconnaît la complexité des problématiques historiques, le tri des données en fonction de leur capacité à légitimer des points de vue sur les questions de notre temps, qui conduit directement à une instrumentalisation réductrice, l’émission de jugements moraux rétroactifs, qui nie par principe toute évolution et laisse libre champ à l’anachronisme.

 

L’atelier d’histoire se propose donc, à partir d’exemples de travaux récents ou non, concernant toutes les périodes ou toutes les échelles, de confronter apports de la recherche et représentations courantes du passé.  Sans céder à la tentation du renversement sensationnel de certitudes en un jeu de balancier assez primaire, loin d’un relativisme niant toute possibilité d’accès à la vérité, il s’agira surtout de montrer le caractère souvent partiel de celle-ci en n’oubliant pas de mettre en perspective la question d’histoire soulevée et la façon dont pèsent sur elle les préoccupations du présent.