Archives idées politiques

Année 2015-2016 :

Des écrivains politiques d’hier et d’aujourd’hui.

  • 07/11/15 : La Fontaine : interpeller les Grands.
  • 14/11/15 : Voltaire : combattre « l’infâme ».
  • 12/12/15 : Mirbeau : dénoncer la bêtise.

Des femmes contestataires.

  • 09/01/16 : Jeannette Bougrab : revendications religieuses / valeurs de la République.
  • 23/01/16 : Simone Veil : conservatisme / émancipation des femmes.
  • 27/02/16 : Michèle Tribalat : immigration / laïcité.

Des hommes engagés.

  • 12/03/16 : Jorge Mario Bergoglio, pape François : dialoguer avec l’islam.
  • 23/04/16 : Mahmoud Darwich : affirmer une identité.
  • 14/05/16 : Amos Oz : tendre la main.

Année 2014-2015 :

  • 8 novembre 2014 : Simon Leys : dénoncer la servilité face au pouvoir, assumer la common decency
  • 29 novembre 2014 : Jean Métellus : Haïti – entre amour et déploration
  • 10 janvier 2015 : Michel Houellebecq ( 1) : déchiffrer l’obscénité
  • 17 janvier 2015 : Michel Houellebecq (2) : accueillir la grâce des visages
  • 24 janvier 2015 : Alain Finkielkraut : sacraliser l’école, affirmer l’identité française
  • 31 janvier 2015 : Régis Debray : l’Occident – état des lieux et propositions
  • 28 février 2015 : Vladimir Fédorovski : saluer Gorbatchev, entendre Poutine
  • 14 mars 2015 : Malek Chebel : promouvoir « l’islam des Lumières »
  • 28 mars 2015 : Liu Xiaobo : donner voix à la dissidence

Année 2013-2014 :

  • 09/11/13 : Robert Schuman : « Unir les Européens, établir la paix »
  • 14/12/13 : Christian de Chergé : « Vivre sa foi chrétienne, dialoguer avec les Musulmans »
  • 11/01/14 : François Mitterrand : rompre avec le socialisme, changer la vie
  • 25/01/14 : Françoise Sagan : dénoncer les injustices, louer les esprits rebelles
  • 08/02/14 : Mario Vargas Llosa : assumer des contradictions, tendre vers l’universel.
  • 22/02/14 : Régis Debray : célébrer la République, promouvoir la laïcité
  • 05/04/14 : Slavoj Žižek : accepter l’intolérance, plaider pour le communisme. (en collaboration avec Balkans Transit)

Année 2011-2012 :

Texte de Gérard Poulouin écrit pour la présentation de saison 10° année (17/10/11) : 

  • 19/11/11 : La Fayette, le souffle de la liberté

La Fayette. Une statue en bord de Seine à Paris nous rappelle combien cet aristocrate compte pour les Américains (la statue est le fruit d’une contribution des élèves des établissements publics d’outre-atlantique). La Fayette qui a participé aux guerres de l’indépendance américaine auprès de Washington est revenu des années plus tard dans le pays indépendant, l’accueil fut triomphal. En France cet enfant des Lumières, ce grand libéral, connaît une existence à éclipses. Malmené par la Révolution française lorsque ses acteurs deviennent intolérants, sinon terroristes, mis à l’écart par la Restauration parce qu’il est attentif aux droits de l’homme, on reverra La Fayette jouer un rôle majeur lors de la Révolution de Juillet. Hostile à la peine de mort, ennemi de la censure, défenseur de la liberté d’expression, La Fayette n’est pas seulement un homme de guerre chéri des Américains, c’est un libéral en politique.

  • 07/01/12 : Chamfort, la pensée critique

Chamfort. Cet enfant naturel révèle des qualités intellectuelles indéniables, il est reçu parmi les Grands. Héritier des Lumières radicales, il dénonce les travers de la monarchie, les inégalités inhérentes au système social en vigueur en France. Le voici rallié à la Révolution. Las, il y a maldonne, il n’est pas pour la Terreur, il dérange, il est poursuivi, arrêté. Il se suicidera dans un geste héroïque à l’antique. Ses amis recueilleront ses écrits : des maximes, des pensées, des caractères, des petits dialogues philosophiques. Maints lecteurs les admirèrent. Albert Camus résistant le célébra dans un hommage rédigé en 1944, voyant en lui un « moraliste de la révolte ».

  • 28/01/12 : Saint-Just, l’esprit partisan

Saint-Just. Acquis fort jeune à la Révolution, exalté, il parle avec ferveur au sein de la représentation nationale. Cet « éternel jeune homme » sera aux côtés de Robespierre et de quelques autres dans les moments terribles de la Terreur avant d’être eux-mêmes victimes d’un processus judiciaire expéditif. Il a rédigé des Institutions républicaines dans lesquelles sont consignés les droits et devoirs des citoyens de la République à venir, vertueux et spartiates. Laissant de côté les petites filles – elles seront couturières avant de devenir des mères de citoyens à leur tour, il songe aux garçons : on les enlève très tôt à leur famille, on les aguerrit par le sport et le maniement des armes, on les forme à l’esprit civique… Ils penseront droit ! On créera ainsi une cité idéale où s’imposera à tous la vertu. Toute ressemblance avec des discours utopistes précédant la Révolution pourrait ne pas être fortuite. Des ressemblances avec des textes à venir, cela est aussi possible, la Terreur fut la matrice de totalitarismes communistes de la plus belle eau, celle qui se veut pure.

  • 10/03/12 : Céline : la violence anti-sémite

Céline. Fallait-il le célébrer ou pas dans une publication officielle en 2011 ? La polémique révèle combien cet écrivain froisse une partie de l’opinion. Le pamphlétaire est exécrable, Bagatelles pour un massacre est à vomir. Le pamphlétaire rejoint l’écrivain dans maintes pages furieuses et interpellatrices. Une voix singulière se fait entendre après 1945, du côté du Danemark, fière dans sa solitude. Celui qui illumina de son héroïsme de combattant de la Première guerre mondiale la page d’un journal populaire pense capter l’attention des Français après la Seconde guerre mondiale par sa théorie du complot auquel les Juifs auraient toujours part, par sa constance dans l’antisémitisme. De quoi l’écriture célinienne est-elle la continuation, de quoi est-elle le canal ?

  • 28/04/12 : Malaparte : le jour, la nuit

Malaparte. L’homme de la villa de Capri qui servit de décor à un film de Godard, Le mépris, tournait le dos au monde. Il était alors écrivain, chroniqueur… Il avait été fasciste ; du fait d’avoir pris ses distances avec Mussolini, il connut la relégation ; il fut tenté par le communisme. Homme d’action, ce correspondant de guerre assume la mauvaise part de l’homme sur différents lieux de confrontations et de meurtres. Homme d’honneur, il affirme que la bonne part de l’humanité survit dans celles et ceux qui refusent ce qui dégrade le visage de l’homme avec une conscience quasi enfantine, quasi angélique. Personnalité complexe, Malaparte nous enjoint au vacillement, nous parle aussi de résistance spirituelle.

  • 05/05/12 : Walter Benjamin : la lumière

Walter Benjamin. La lassitude l’a saisi alors qu’il avait atteint quasiment son but, l’Espagne, antichambre de l’Amérique ; il s’est suicidé au bord des Pyrénées, il fuyait alors le régime nazi. Lecteur de Baudelaire, passionné des passages dans Paris, penseur de la photographie, héraut de Berlin, Walter Benjamin accueille la modernité avec enthousiasme. Il est confronté au fascisme dont il est intrinsèquement un adversaire. L’ange de Paul Klee tend vers l’avenir et se retourne sur son passé, il embrasse le tout du monde ; Walter Benjamin fait de cette figure un talisman, dans la lumière du verbe.

>> Au théâtre du Rond-point à Paris (le 7 juin 2012) :

“Vive la France !”
Dans quel état sommes-nous ? Apparemment, ça ne va pas fort. La France est plongée, à lire divers sondages, dans le pessimisme ; la jeunesse verrait des portes se fermer devant elle. On consomme en France des antidépresseurs plus qu’ailleurs. Crise, chômage, maltraitance des plébéiens, les raisons ne manquent pas de se défier des élites dirigeantes, de se plaindre, avec plus ou moins d’acrimonie – ou d’humour, de sa situation sociale. Devrait-on rallier le camp des déclinistes ? La France est belle vue de l’étranger, du moins pour beaucoup de ceux qui souhaitent la rejoindre. Non pas parce qu’elle est laïque, mais parce qu’elle peut être attentive aux démunis, aux migrants, à ceux qui souffrent là-bas, plus loin encore. C’est quelque peu utopique, diront certains, vu l’état de la France. Oui, sans doute. Pour autant la France mérite d’être saluée, non pas pas comme fille des Lumières, mais pour cette part d’elle-même qui n’est pas submergée par l’étroitesse d’esprit, le repli sur soi. Il ne s’agit pas de tenir un rang de puissance moyenne, quelque chose se vit envers l’autre qui relève de la générosité patiente, obstinée.