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Année 2015-2016 :

Appartenir ? Comment se définir, se penser ? Comment s’inscrire dans des frontières, apprendre à les traverser ? Comment se confronter à la différence, à l’autre ? Comment se reconnaître en lui ou s’en distinguer ? Ce sont les questions de notre temps. Or le mot « identité » est devenu imprononçable. Il nous semble-t-il toujours, quand nous l’entendons, recéler le danger d’un enfermement communautaire, voire d’une régression clanique, ethnique ou religieuse. Régis Debray choisit de le remplacer par celui de « personnalité ». Sans doute parce que ce mot postule l’appropriation personnelle, individuelle, singulière, l’appropriation par un sujet de ce qui le détermine. Il me semble en effet nécessaire de postuler que chacun a vocation à examiner ce qui le fonde voire à ne cesser de discriminer son / ses héritages, comme ses appartenances. C’est pourquoi j’ai choisi la question « Appartenir ? » pour vous proposer de lire quelques-uns de ces romans contemporains qui traitent ces questions décisives pour aujourd’hui et demain. Pas pour les résoudre. Pour les approfondir. Car telle est la vocation de la littérature.

  • 10/12/15 : Rû, Kim Thuy, 2010.
  • 07/01/16 : Une balle de colt derrière l’oreille, Frank Lanot, 2015.
  • 10/03/16 : Pas pleurer, Lydie Salvaire, 2014
  • 19/05/16 : Mon traître , Retour à Killybegs, 2011, Sorj Chalandon
  • 26/05/16 : Le quatrième mur, 2013, Sorj Chalandon
  • 09/06/16 : Meursault, contre-enquête, 2014, Kamel Daoud

Année 2014-2015 :

  • 27/11/14 À 18H30 : Au-Revoir là haut, Pierre Lemaître, 2013
  • 04/12/14 À 18H30 : Les Justes, Albert Camus, 1949
  • 26/02/15 À 18H : La condition humaine, André Malraux, 1933
  • 26/03/15 À 18H : Le zéro et l’infini, Arthur Kœstler, 1941
  • 04/06/15 À 18H : Le bloc, Jérôme Leroy, 2011
  • 02/07/15 : La carte et le territoire (2010), Soumission (2015) Michel Houellebecq

Année 2013-2014 :

  • 12/12/13 : Giono, La grand troupeau (1931) et Echenoz, 14
  • 20/12/13 : François Sureau, L’obéissance (2006), Inigo (2010) et Le chemin des morts (2013)
  • 10/01/14 à 19h exceptionnellement : Hélie Denoix de Saint Marc, Les sentinelles du soir (1999) et Les champs de braise (1995)
  • 16/01/14 : Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme (2010)
  • 24/01/14 : Robert Alexis, Mammon (2011)

Année 2012-2013

La littérature du XXème siècle face à la question du sphinx : qu’est-ce qu’être un homme ? vivre ? exister ?

  • L’avènement du sujet existentiel
    • 10/01/13 : Du côté de chez Swann, Marcel Proust, (1913)
    • 25/01/13 : Les Faux Monnayeurs, André Gide, (1925)
  • Face à l’Histoire
    • 07/02/13 : En attendant Godot, Samuel Beckett (1948-1952)
    • 14/02/13 : Rhinocéros, Ionesco (1959-1960)
  • La question de la mémoire
    • 14/03/13 : W ou le souvenir d’enfance, Pérec 1975
    • 11/04/13 : Enfance, Sarraute, 1983

Année 2011-2012 :

“Aux sources du roman contemporain.” Le roman contemporain puise sa source dans des textes fondateurs, qui ne sont pas tous romanesques. Ce sont eux que nous explorerons cette année. Nous tenterons, à chaque fois, d’identifier leurs héritiers.

  • 24 /11/11 : Un amour de Swann, Marcel Proust
  • 05/01/12 : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline
  • 19/01/12 : Électre, Jean Giraudoux et Antigone, Jean Anouilh
  • 09/02/12 : L’Étranger, Albert Camus
  • 01/03/12 : Un Roi sans divertissement, Jean Giono
  • 26/04/12 : Le Roman inachevé, Louis Aragon

>> Intervention au Théâtre du Rond-Point à Paris le 8 décembre 2011Antigone et Électre : les jeunes filles et la mort.”
Que se passe-t-il lorsque Giraudoux ou Anouilh s’emparent des figures de jeunes filles mises en scène dans la tragédie grecque ? Ils les métamorphosent : en font des figures de l’absolu, ou de la mort. Nous pourrons nous demander quel rôle elles ont pu jouer dans l’imaginaire contemporain du féminin.

Année 2010-2011 :

« Roman et saisie du réel »

Depuis le XIXe, le roman a vocation à interroger la difficulté de notre lien au monde, du moins au monde tel que la marchandise l’a dessiné, voire réduit à sa seule positivité utilitaire. C’est dans cette tradition que Camus écrit L’Étranger, qui invite, peut-être en creux, à combattre l’inauthenticité de la présence, à faire résonner en soi ce que certains appellent « la chair du monde ». Aujourd’hui, chacun à sa manière, et dans une verve comique spécifique, Michel Houellebecq et Philippe Claudel désignent l’inauthenticité comme inévitable, voire essentielle. Le premier décrit, dans La Carte et le Territoire, la réduction de la terre à un désert, le second en dresse un portrait kafkaïen. D’autres romans, et on ne manquera pas de voir là des motifs que le cinéma a depuis longtemps explorés, interrogent les possibles arrière mondes qui pourraient nous permettre de découvrir d’autres dimensions de la réalité, voire sa virtualité. C’est ce que font Vincent Message dans Les Veilleurs (un roman souvent comique mais  aux accents d’anticipation politique inquiétants) et Laurent Gaudé dans La porte des Enfers (une fable réaliste ? une ouverture sur un au-delà ? nous en débattrons).